ARTICLE N°1
Par Pierre Allard
Avocat (1957), économiste (1965) et adepte du I Ching, Pierre Allard est héritier d’une expérience unique du monde et de son fabuleux potentiel de transformation. Collaborateur de premier plan, il a su porter un peu de son dynamisme et de sa rigueur aux projets de Wisdom Logic.
Outil d’investigation qui intègre que le changement est la vie même, le I Ching ou Yi King, texte fondateur de la civilisation chinoise, est de plus en plus utilisé en Occident. Exploration.
Cet homme d’affaires en costume sombre qui triture quelques piécettes et les dépose à côté de son sashimi, ne leur accordant apparemment qu’une attention distraite, n’est pas affublé d’un tic nerveux. Il veut simplement un conseil, et il le veut avant que son interlocuteur ne revienne à la table. Un dernier “ 8 ”, c’est l’hexagramme 3. Bon. Cette proposition qu’on lui fait peut tenir la route, mais il va falloir mettre le paquet sur l’organisation ; pas question de se disperser…
Un nouveau terrain d’élection : le business
Depuis 4 000 ans, on s’en sert pour tout : se marier, faire la guerre, trouver un sens à sa vie. Quand c'était le mystère qui avait la cote d’amour, le I Ching parlait en paraboles ; maintenant que le rationnel prime, le I Ching peut se réclamer des mathématiques de Leibnitz et de la psychologie jungienne… Des chercheurs y trouvent des correspondances avec les composantes de l’ADN (1). De toutes les sciences dites occultes ou divinatoires, aucune n’a aussi bien réussi sa rentrée dans le monde moderne parce que le I Ching ne pose pas de cas de conscience aux positivistes. On sait bien, depuis Penfield, que l’inconscient accumule des renseignements sur toutes ces expériences que notre conscient s’est empressé d’oublier. On accepte que notre inconscient constitue une énorme base de données. On sait, surtout depuis les récentes découvertes de la neurolinguistique, à quel point notre inconscient “ veut ” nous transmettre de l'information. Il peut le faire, si on lui en donne la chance, en posant des gestes que notre conscient ne contrôle pas, des gestes au hasard.
Un outil de décision
Le I Ching a réussi sa rentrée parce qu’il satisfait ceux qui veulent une explication à tout, mais surtout parce que, dans une société qui respecte le succès sans trop s’interroger sur le pourquoi des choses, le I Ching est si facile d’usage… et si terriblement efficace. Quiconque peut manipuler trois pièces de monnaie, peut obtenir une réponse à toutes ses interrogations qui, souvent, le laissera pantois par sa précision. Tous ne peuvent pas en interpréter les messages sans document, avec la nonchalance de notre amateur de sashimi. Mais, à côté des interprétations de Legge, de Whilelm et de Perrot, il se développe maintenant de nouveaux “ décodeurs ” du I Ching, qui, au lieu de demander au lecteur de devenir plus ou moins Chinois, traduisent la vieille sagesse en un langage familier. Le I Ching est devenu un outil de décision.
Même si le I Ching en est à s’imposer comme une méthode rationnelle d’aide à la décision par lecture de l’inconscient, le mystère qui l’a toujours entouré ne s’est pas estompé. On peut savoir pourquoi le I Ching apporte des réponses valables, mais personne n’a encore expliqué comment on a pu découvrir, il y a des millénaires, le lien permanent qui semble relier le résultat d’un tirage aléatoire à ces messages que notre inconscient nous transmet...
Lire notre deuxième article " Les trésors de l’inconscient "
(1) Acide désoxyribonucléique, constituant important des protéines et de la vie.